jeudi, octobre 08, 2015

Présent ? -- Jeanne Benameur

Ce livre m'a été conseillé par une de mes profs à l'ESPE. Il est écrit par une ancienne prof de lettres. Alors oui, sans surprise, il parle d'école.

Espoir et désespoir se mêlent et tissent les portraits qui peuplent ce roman. 

Tout y est très subtil, il ne manque rien à l'expérience scolaire, de l'élève en difficulté à la principale. 
Faut être sensible à ce milieu pour aimer, faut être prêt à prendre du recul sur son propre travail quand on appartient à ce milieu. Travail au sens large. 

dimanche, octobre 04, 2015

Quel thé pour quel livre ?


Voilà un questionnaire que j'ai trouvé sympa, il s'agit de rapprocher par certaines caractéristiques -tantôt subtiles tantôt moins - un livre d'une sorte de thé.




1. English breakfast - Un livre que tout le monde t'as recommandé et que tu as donc fini par lire.

1Q84 de Haruki Muarakami. J'en ai entendu parler pendant des mois, en me disant que je n'allais surement pas aimer. Entre temps, j'avais lu deux ou trois Murakami, et j'ai fini par me plonger dans les tomes de 1Q84. J'ai adoré. Pas autant que La Chronique de l'oiseau à ressort, mais Murakami, c'est un monde. Il peut être lassant de parcourir son univers, si on enchaîne plusieurs de ses livres, mais c'est un régal  - avant l'indigestion.


L'Hibiscus pourpre -- Chimamanda Ngozie Adichie

Voici la quatrième de couverture du livre que j'ai lu la semaine passée. 







J'avais découvert son auteure à travers son discours sur le danger de l'histoire unique. Il s'agit du problème de l'historiographie qui veut tendre à l'objectivité mais qui tombe nécessairement dans le parti-pris. Il y a écriture, il y a donc voix et subjectivité. Bref, cette femme m'avait fait une telle impression que j'ai eu envie de lire son roman.
Ce n'est que plusieurs années plus tard en en reparlant avec une amie (qui a aimé des terres avant de savoir qu'elle en venait- où le savait-elle inconsciemment ? ) que je me suis dit qu'il était temps.
Temps de découvrir Kambili, la fille d'un homme influent au Nigeria.

Wonder -- R.J. Palacio


Wonder, l'histoire d'un enfant -Auggie- qui a une maladie tellement déformante que je pensais, stupidement, que l'auteure l'avait imaginée dans son élan créatif. Pourtant, c'est le quotidien de certains, c'est l'histoire de ce garçon au visage que l'on peut décrire comme on décrirait un Picasso et qui fait fuir le regard de tous.

Il est né juste après minuit et si on en croit un des livres de Salman Rushdie ça expliquerait sa difformité .
Ça m'a aussi rappelé le début de Belle du seigneur quand Solal se demande si on peut aimer une personne qui aurait (je crois) les dents un peu plus longues ou un peu plus petites que la norme et que grosso modo un centimètre peut tout changer, changer un destin. Les yeux d'Auggie sont un centimètre et quelque plus bas que la normale.



Le roman commence avec la première rentrée d'Auggie dans une école- jusque là il étudiait à la maison. La réaction des enfants ne se fait pas attendre. J'entends souvent dire "les enfants sont si méchants entre eux" mais bon sang...ce n'est rien d'autre que le reflet des adultes.
L'histoire est racontée à travers plusieurs regards. C'est un roman pour enfants/jeunes adultes mais il peut aussi très bien se lire à tout âge. On a surement besoin de ce genre de livres, et il devrait faire partie des lectures de nos collégiens.
J'ai du mal à parler de ce livre à vrai dire, je n'ai pas envie de lui mettre d'étiquettes littéraires, ni de trop le conceptualiser.

Je vais peut-être juste dire qu'on ne peut pas ne pas verser quelques larmes, qu'il me touche en tant que jeune prof confrontée à des élèves qui sont souvent bien différents, et qu'il touche en moi la petite fille à l'œil bandé.

Cette lecture m'a aussi été conseillée par une amie, une amie qui a les yeux bien placés mais bien trop bleus pour être normaux.

La Flèche du temps -- Martin Amis

J'aurais pu laisser passer quelques heures, voire quelques jours, avant de parler de ce roman, le temps que les pendules se remettent à l'heure et que les aiguilles reprennent une direction normale et redonnent du sens aux choses, mais cette lecture offre une expérience inédite et je ne pouvais pas attendre plus.
Martin Amis a choisi de raconter l'histoire d'un homme à l'envers. NON, ça ne prend pas la même forme ni les mêmes dimensions que l'histoire de Benjamin Button. C'est tout simplement la touche retour en arrière qui est enclenchée, un rewind (don't be kind), on rembobine et on observe. C'est-à-dire que les choses se font à l'envers, on dit bonjour quand on se quitte, on frappe à la porte au moment de partir, on n'avale pas la nourriture, on la recrache, on la trie, on refait le plat, on rassemble les morceaux de viande et on retourne les déposer au supermarché contre de l'argent. Tous les détails y sont - pas la peine de raconter le processus des autres besoins vitaux. Amis le fait très bien.

C'est tellement dérangeant ce monde où les prostitués payent leurs clients.

Les Désorientés -- Amin Maalouf

Petite photo à la bien avec photophore orientalisant qui se prête bien à cette lecture.
Si Soufi Mon amour est le roman du présent, du perpétuel aujourd'hui, Les Désorientés d'Amin Maalouf est sans conteste celui d'hier.
 Véritable archéologie de la vie du personnage principal Adam. 
Et avec un nom comme ça, cette archéologie personnelle ne pouvait que devenir une remontée aux sources de toute l'humanité - où du moins de celle qui peuple le bassin méditerranéen.

dimanche, juin 30, 2013

Tolstoï ---- Anna Karénine

Je n'ai noté aucune phrase de ce roman, je n'en ferai aucune citation ou alors je serais bien obligée de recopier les neuf cent quatre-vingt cinq pages. Chacune des phrases prise seule ne vaut pas grand chose, c'est leur orchestration qui est belle.  J'avais plusieurs fois entendu parler de cet auteur, bien sûr, du roman russe en général, bien sûr, mais pourquoi ne m'a-t-on pas tout simplement dit, au lieu de toutes les remarques snobs, que lire un roman de Tolstoï, c'est avoir les joies du cinéma et de la littérature en même temps ; c'est lire un livre en  couleurs, et en musique ?