dimanche, octobre 04, 2015

Soufi, mon amour -- Elif Shafak

Cette lecture m'a été offerte par une amie, notre rencontre était fortuite et nous a coûté quelques milliers d'euros à chacune. Pourtant, j'en suis ressortie plus riche que jamais. Ce livre est à son image. Une rencontre qui vous arrive au moment de votre vie où vous pensez être complètement perdu et qui finit par transformer votre faiblesse en force.
Dans ce livre, deux histoires et deux époques s'entremêlent, celle d'une Américaine un peu desperate housewive et celle du fondateur du soufisme, qui est par ailleurs l'un des plus grands poètes de langue arabe. J'ai dû abandonner ma lecture une première fois avant d'entrer réellement dedans. Ce qui m'a gênée d'abord, c'est tout de même un style qui peut être trop plat, trop facile, trop littérature de gare. Mais par-ci par-là, des pépites qui illuminent votre lecture, votre journée et même votre vie. En quelques chapitres, vous serez transporté et vous valserez au rythme des jupes des derviches.

Ça parle de soufisme, de spiritualité, d'hier mais surtout d'aujourd'hui.

C'est une vision géniale de la religion et notamment de l'islam qui va faire du bien à ceux qui se voient dicter un dogme trop sclérosant ainsi qu'à ceux qui, extérieurs, n'ont jamais pu entendre la poésie de cette religion.
On ne devient pas forcément soufi au bout des quelques 400 pages de ce livre, on devient peut-être plus humain. Je ne citerai pas le livre mais je veux mentionner un moment vécu qui pour moi symbolise toute sa force. J'étais trop plongée dans ses pages pour me rendre compte que je m'étais assise sur un siège du métro qui avait servi de feuille à un passant. En sortant du métro, j'ai jeté un coup d'œil-réflexe à travers la vitre, -j'espère que j'ai pas fait tomber un truc-, et je trouve écrits ces quelques mots à l'endroit où j'étais assise un instant plus tôt :
"Aucun être ne pourra rien vous révéler hormis ce qui dort à moitié enfoui dans votre âme."

Comme si Rûmi, ou peut-être Shams, m'avait envoyé un message par-delà les siècles...

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